fond noir

Visite de l’exposition Andy WARHOL à Landerneau

Photo de groupe

Avec Pablo PICASSO, Andy WARHOL est sans nul doute l’un des artistes les plus iconiques du XXe siècle.

Son travail témoigne des excès consuméristes d’après-guerre et donne forme à une sorte d’hédonisme critique figeant produits industriels et stars du show-biz dans des images produites mécaniquement et de façon volontairement décalée : les couleurs débordent la forme, le trait s’échappe, la réalité se déforme. WARHOL iconise et critique en même temps.

C’est à une visite commentée de ces œuvres que les élèves de la spécialité Arts Plastiques et de l’enseignement optionnel ont eu l’opportunité d’assister ce mardi 15 septembre, aux Fonds Hélène et Edouard Leclerc à Landerneau.

Photo de groupe

Même si la plupart de ses œuvres sont aujourd’hui entrées dans le patrimoine culturel mondial à travers posters, cartes postales et t-shirt, l’artiste est resté volontairement mystérieux.

Fils d’immigrés venus d’Europe de l’Est, il grandit dans une famille de sportifs dans laquelle il détonne, étant lui-même très introverti, de santé fragile, et plus attiré par le dessin que par le ballon. Les élèves ont été touchés par cette enfance solitaire, très éloignée de l’image d’icône intouchable qu’il se construira plus tard.

« Derrière ses images, nous avons trouvé très intéressant de découvrir une facette plus personnelle mais aussi plus vulnérable de l’artiste »

Leela et Nolwenn

WARHOL, particulièrement doué pour le graphisme, débute donc sa carrière comme illustrateur publicitaire. Mais il réfléchit déjà au rapport que nous entretenons avec ces produits de consommation qu’il dessine à longueur de journée.

Ces objets que nous désirons à travers les images publicitaires deviennent naturellement le sujet de son œuvre à côté d’un travail alimentaire qu’il délaisse peu à peu. Il connaît alors un succès fulgurant dans le monde de l ‘art.

Se présentant lui-même en produit manufacturé à l’égal des objets du quotidien qui l’entourent : les publicités, les bouteilles de Coca-Cola, le star-système, les photos d’Elvis, de Marylin, la culture de masse et les magazines nourrissent sa démarche artistique. Il incarne littéralement à la fois le suppôt ultime du système et sa critique la plus cinglante.  Avec sa perruque argentée, ses poses marmoréennes, son visage imperturbable, il se conçoit lui-même et uniquement en tant que personnage publique. Être célèbre n’est plus une conséquence du succès : c’est une composante de son œuvre, à la fois populaire et conceptuelle.

Ainsi en 1962, lorsqu’il connaît son premier grand succès avec une série de sérigraphies assemblées représentant toutes le visuel des célèbresboîtes de soupe Campbell, il met en évidence et souligne ce que l’on voit, ou ne voit plus, dans les rayons des supermarchés : des objets identiques alignés par milliers, notre quotidien, des produits se voulant toujours plus désirables mais sans identité propre, sinon à travers l’expérience fugace qu’ils nous procure une fois désirés, acquis, consommés puis jetés aux ordures. La répétition, le sujet, les moyens techniques de la reproduction, deviennent la signature de l’artiste.

Mais au fil de la visite, les élèves constatent qu’Andy WARHOL est bien plus qu’un peintre de génie. Photographe, cinéaste, éditeur et producteur de musique, il explore sans cesse de nouveaux moyens d’expression artistique. Ainsi au milieu des années 1960, il ouvre la Factory (usine), à New York. Bien plus qu’un simple atelier, ce lieu devient un véritable laboratoire artistique où se croisent musiciens, photographes, mannequins et artistes de tous horizons. Dans cette atmosphère bouillonnante et stimulante, les idées naissent et se partagent.

C’est là qu’en 1965, il rencontre le groupe The Velvet Underground à qui il adjoint la mannequin et chanteuse Nico. Cette collaboration donne naissance à l’un des albums de musique les plus célèbres de l’histoire de la musique du 20ème siècle et l’une des images les plus iconiques du Pop Art : la banane figurant sur la pochette de leur premier album.

Les élèves retiennent enfin qu’Andy WARHOL a bousculé les conventions et élargi les frontières de l’art. Il prouve que l’inspiration peut naître partout. Une vision qui a particulièrement retenu l’attention des élèves et qui continue, encore aujourd’hui d’influencer de nombreux artistes.

Nous tenons à remercier le FHEL pour son accueil, les médiatrices pour la qualité de leurs explications et les anecdotes marquantes qui nous ont permis de mieux comprendre l’œuvre et la personnalité de l’artiste.

Merci également à l’équipe accompagnatrice : Chantal HÉLIAS et Christophe LE COZ.

Myriam LE SEAC’H, enseignante en Arts Plastiques

18 septembre 2026