Quatre musées et Paris à pied
Pendant deux jours, les élèves de spécialité Arts plastiques des lycées Le Likès La Salle et Saint-Louis à Châteaulin ont sillonné Paris à pied, enchaînant visites de musées et découvertes du patrimoine architectural.


Du musée d’Orsay au Louvre, en passant par le musée d’Art moderne de la Ville de Paris et le musée Rodin, ce parcours dense leur a permis de découvrir les œuvres étudiées en classe sous un nouveau jour. Une étape inédite sur l’esplanade du Trocadéro est venue compléter cette édition 2026, avec la Tour Eiffel en toile de fond.






Au musée d’Orsay, les élèves découvrent ce que les reproductions ne peuvent restituer pleinement : les dimensions réelles des œuvres, l’épaisseur de la peinture ou encore la liberté du geste de l’artiste. « Sur les reproductions, c’est compliqué d’apprécier le travail de la matière et du geste ; là, on se rend vraiment compte », observe une élève. Certaines œuvres impressionnent par leur format monumental, tandis que d’autres révèlent des détails souvent passés inaperçus. Devant La Falaise d’Étretat après l’orage de Gustave COURBET, les élèves repèrent ainsi deux minuscules silhouettes au sommet de la falaise, un détail qui renforce l’impression d’immensité du paysage normand. Une observation qui permet également de mieux comprendre les questionnements artistiques du XIXᵉ siècle, à une époque où la photographie bouleverse le regard porté sur le monde.








L’après-midi se poursuit au Louvre, où l’immensité des collections transforme parfois la visite en véritable jeu de piste. Tandis que certains se frayent un chemin jusqu’à La Joconde, d’autres relèvent un défi plus personnel : retrouver La Grande Odalisque de Jean-Auguste-Dominique INGRES à travers le dédale des salles. Carte en main, les élèves mettent à profit leur sens de l’observation autant que leurs connaissances.
Au fil du parcours surgissent plusieurs œuvres majeures. La puissance dramatique du Radeau de la Méduse de Théodore GERICAULT frappe par ses dimensions et son intensité, tandis que La Ville et la rade de Toulon (1756) de Joseph VERNET, leur donne l’occasion de se confronter directement à une œuvre inscrite au programme limitatif de l’épreuve écrite du baccalauréat 2027.


Jeudi matin, une halte sur l’esplanade du Trocadéro offre un visage inattendu de la Tour Eiffel. Sous un ciel encore chargé, quelques percées lumineuses viennent tour à tour révéler et masquer la silhouette métallique du monument. Un spectacle presque cinématographique que les élèves immortalisent aussitôt en photos et en vidéos.
À quelques pas de là, le musée d’Art moderne de la Ville de Paris permet de changer d’époque et de regard. Les élèves découvrent l’impressionnante Fée Électricité de Raoul DUFY, dont les dimensions monumentales surprennent autant que les couleurs, puis retrouvent le Spider de Louise BOURGEOIS, déjà connu de plusieurs d’entre eux. L’exposition consacrée aux artistes nommés pour le Prix Marcel DUCHAMP 2026 prolonge la réflexion. Les œuvres de Joël ANDRIANOMEARISOA, Brognon ROLLIN, Laura HENNO et JOSEFA NTJAM suscitent échanges et interrogations sur les formes actuelles de la création contemporaine.



Le musée RODIN constitue la dernière étape du séjour. Malgré les quelque 42 000 pas parcourus en deux jours, la fatigue semble reléguée au second plan. Sous un ciel désormais dégagé, les sculptures apparaissent au détour des allées et dialoguent avec les perspectives du jardin. Face à La Porte de l’Enfer, l’observation à distance permet d’en saisir les dimensions et la complexité. La discussion s’engage alors sur une démarche caractéristique de RODIN : isoler certaines figures de ses compositions pour leur donner une existence autonome. Ainsi naît notamment Le Penseur, devenu l’une des sculptures les plus célèbres au monde.


Au terme de ces deux journées parisiennes, les élèves repartent avec des souvenirs bien au-delà des œuvres découvertes. Confronter les tableaux, sculptures et monuments à leur réalité aura permis de donner une dimension concrète aux notions abordées en classe. Mais le séjour n’a pas seulement été une expérience artistique, les échanges et les moments partagés ont aussi renforcé les liens au sein du groupe. « On a appris à mieux se connaître », résume Valentine. Une manière de rappeler que les voyages scolaires construisent autant les regards que les relations humaines.
Nous en profitons pour remercier chaleureusement La Maison La Salle pour l’accueil qu’elle nous réserve chaque année : cette étape, devenue un rendez-vous attendu, est toujours très appréciée des élèves comme des accompagnateurs.
Myriam LE SEAC’H, enseignante Arts Plastiques, Lycée Le Likès La Salle à Quimper
François LE COURANT, enseignant Arts Plastiques, Lycée Saint-Louis à Châteaulin












